Soirée santé environnementale 2012
Dimanche 15 Mars 2015
Dimanche 15 Mars 2015
Naître, grandir : dans quel environnement ?
Suite à la soirée info-débat du 15 mars 2012 évoquant différents toxiques présents dans notre environnement leurs dangers potentiels et comment s’en prémunir, nous vous proposons le rappel de tout cela au cours de ce numéro spécial de la revue EPIS.
Le contenu de ces différentes interventions est le fruit de la recherche collective des professionnels qui ont animé cette soirée, et qui font partie de l’association EPIS du Bignon.
Cette association, rappelons-le, regroupe des professionnels de santé de la commune et alentours soucieux de faire évoluer le rapport des usagers à leur santé, en améliorant leurs connaissances sur certains sujets et en initiant une réflexion, conscients qu’ils ne détiennent pas toutes les réponses.
J'ai choisi de me mettre à la place d’un bébé à venir puis de ce nouveau-né qui deviendra petit enfant et enfin de cet enfant que l'on va envoyer à l'école.
Tout d'abord, avant même de naître, j'ai déjà de la chance d'avoir été conçue « normalement » car en 50 ans, la fertilité des hommes et des femmes a nettement diminuée : les hommes ont perdu 50% de leurs spermatozoïdes par exemple. Vous connaissez sûrement tous des couples en difficulté pour avoir des enfants. Les facteurs environnementaux sont mis en cause dans cette baisse.
Mais bon, en ce qui me concerne, mes parents m'ont voulu et m'ont conçue sans aide médicale. Me voilà au chaud à me « fabriquer », me modeler, grandir ; je suis à l'abri de l'extérieur.... Quoique.... en effet, je ne suis pas si à l'abri que cela : beaucoup de choses passent au travers de la barrière placentaire et pas seulement l'alcool comme nous le montrent de nombreuses campagnes et publicités. Savez-vous par exemple que dans le sang de mon cordon ombilical, on retrouve plus de 300 résidus chimiques en tout genre et donc dans mon sang on va retrouver tous les métaux lourds, les pesticides etc.… qui polluent notre environnement ? En soit, rien d'étonnant ni d'inquiétant me direz-vous ! Mais si, car ces substances peuvent m'empêcher de fabriquer mes neurones en nombre et en qualité ! Bref, ne suis-je pas en train de déjà préparer le terrain pour de « grosses maladies » à venir : alzheimer, parkinson, autisme....????
On verra tout à l'heure comment limiter ce passage placentaire.
Mais voilà, ma mère essaye d'avoir une vie saine et une alimentation équilibrée.
Le grand jour arrive et je nais enfin. On me mesure, me pèse, me teste, me pique..... et je peux enfin me nourrir par le sein de ma mère ou par le biberon. Grande question ! En toute logique, la nature ayant tellement bien fait les choses, je devrais préférer le sein ; mais voilà, c'est sans compter tous les polluants dont on a parlé juste avant ! Ma mère continue de les avaler, de respirer et donc ils passent dans son sang et dans son lait. Aujourd'hui, on se demande si ce lait n'est pas trop toxique, tout du moins en fonction du mode de vie de la mère. Les graisses concentrent les polluants et le lait est très riche en graisses. On a de la chance, en France, ce lait maternel n'est pas toxique comparativement au lait des femmes Inuits à qui l’on déconseille actuellement d’allaiter du fait de leur consommation en trop grande quantité de gros poissons, qui concentrent à la fin de la chaîne alimentaire une quantité trop importante polluants (métaux lourds, PCB)
Ma mère a choisi l'allaitement et elle reprend le travail (environnement social). Elle commence à ne plus avoir assez de lait pour moi, c'est pourquoi elle me donne du lait maternisé. Cette fois-ci, c'est le lait artificiel qui contient de l'aluminium ajouté au lait en poudre. Hors on sait que l'aluminium se fixe dans tout notre corps notamment dans le cerveau et qu'il perturbe le fonctionnement de nos neurones. Sans compter que ce lait contient en plus du bisphénol A provenant du film pelliculé à l'intérieur de la boîte. Récemment, ce polluant a été retiré des biberons mais pas forcément de tous les autres contenants. C'est déjà un début. Celui-ci fait partie des perturbateurs endocriniens dont on verra les méfaits tout à l'heure avec un extrait de film. Joli cocktail !
Enfin, il va être temps pour moi de commencer à manger de vrais aliments (certes un peu mixés !) et de découvrir mon environnement par mes propres moyens. Chic ! J'ai la chance de grandir dans une maison que mes parents entretiennent régulièrement, j'ai une belle chambre toute neuve, avec de beaux jouets de toutes les couleurs. Sans doute peuton avoir tout cela sans danger ?
Finalement, ce qu'il faut retenir, c'est que je suis choyée, mes parents veulent bien faire pour moi et cette soirée n'a d'autres buts que de les éclairer dans leurs choix.
2. Historique et état des lieux par Dominique Prime, médecin généraliste au Bignon
Nous sommes soumis régulièrement à des informations contradictoires et possiblement anxiogènes sur les toxiques dans l'environnement et leur responsabilité pour notre santé;
Ces informations font suite à un certain nombre d'alertes quant à la menace que fait subir aux espèces animales et humaine l'invasion massive d'une chimie mal contrôlée :
Par ailleurs, les informations officielles sont bien souvent rassurantes, du style :
dégénératives: Alzheimer, Parkinson sont liées justement à cette espérance de vie plus longue et à un meilleur dépistage.
Notre mode de vie a profondément changé en quelques décennies avec une accélération faramineuse de la consommation de produits de consommation, de confort ,dans les domaines ménagers, électronique, alimentaire, etc. à la grande satisfaction des secteurs industriels de l'agro alimentaire et de la chimie, qui se frottent les mains, font des profits juteux et ont assez de moyens financiers pour faire pression sur les politiques et les organismes de contrôle pour minimiser les effets possiblement toxiques de cette invasion de produits chimiques.
Ces produits se nomment de plein de noms barbares qui commencent pour certains à nous être familiers :
Il faudrait laisser une place particulière à l'aspartame qui est carrément un « cas d'école » d'un rapport étroit entre une certaine industrie et des organismes de contrôle influencés, et un scandale, comme avant lui, celui du Distilbène, molécule utilisée dans les années 1940 chez les femmes pour prévenir les fausses couches, dont les effets néfastes sont encore présents à l'heure actuelle et dont la structure moléculaire, justement est proche du bisphénol A.
Parallèlement à cette explosion de la chimie jusque dans notre intimité (rappelons simplement que la production de produits chimiques est passée de 1million de tonnes en 1940, à plus de 400 millions de tonnes par an actuellement, et que par ex, rien qu’en 2005, 364 agents chimiques classés CMR (cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques) ont été utilisés en France à hauteur de 4,8 M de tonnes!), on assiste à l'augmentation d'un certain nombre de maladies qui ne sont pas liées au vieillissement ni à un meilleur dépistage :
Après ce bilan qui paraît bien sombre, même s'il faut le nuancer, car en parallèle un certain nombre de cancers ont diminué comme ceux des poumons et de l'estomac, je vous propose 3 éléments de réflexion
C'est cependant un défi, défi contre l'ignorance en particulier du corps médical ! Les études médicales actuelles nient complètement le problème. Nous sommes passés d'une période où les maladies étaient essentiellement liées à des microbes (que les progrès de l'hygiène, de la médecine et de la science ont permis d'éradiquer en partie) à une période où les maladies sont liées essentiellement à des produits chimiques sans modification de l’enseignement de médecine.
Et je finirai par une citation de Thierry Janssen, médecin
« Au lieu de ne voir en l'être humain que des manques et des défauts, il paraît urgent de rappeler que nous sommes détenteurs d'un potentiel extrêmement positif. Le défi est de prendre conscience de ce potentiel et de le manifester à travers nos actions, car de toute évidence c'est le meilleur moyen d'être heureux et de rester en bonne santé »
3. L’air intérieur par Marie-Odile Corbineau secrétaire médicale au cabinet du Bignon
Nous allons voir que l’air intérieur est de 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur Pourtant, nous y passons 90% de notre temps
Les différents polluants de la maison :
Les polluants chimiques
Le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone, la fumée de tabac environnementale, les COV (composés organiques volatiles), le formaldéhyde, les phtalates, le benzène, les éthers de glycol, le bisphénol A, le paraben, les composés per fluorés…
Les polluants physiques
L’amiante, les fibres minérales artificielles, les particules (poussières), l’humidité, les champs électromagnétiques, le radon… Les contaminants biologiques
Les allergènes (des animaux, des poussières, des moisissures, des plantes…), les bio-effluents humains (CO2 COV), les micro organismes, les acariens
Où trouve-t-on ces polluants ?
Les revêtements du sol et des murs, les peintures, vernis, le mobilier neuf
Le lavage du sol, la lessive pour le linge ou la vaisselle, les insecticides intérieurs (sur prise électrique, autocollant pour fenêtres, et autre forme)
Les ordinateurs, imprimante, télévision, la wifi
Les bougies, l’encens, les désodorisants d’ambiance (électrique ou non)
Les insecticides, les désherbants, les animaux, les plantes
Les crèmes, le maquillage, les colorants pour cheveux, les vernis pour les ongles
Que peut-on faire pour les diminuer ?
Il y a des solutions pour diminuer la dispersion des polluants dans nos intérieurs
On peut choisir des produits comportant des écolabels, mais attention tout ce qui est vert n’est pas toujours écologique pour nous ou notre environnement. Pour les matériaux de constructions et le mobilier il y a aussi quelques labels.
Quelques recettes pour le ménage
Quelques adresses :
23, rue de Nantes 44840 les Sorinières
4&6, rue du château la Benate
44650 Corcoue sur logne 06 68 54 09 44
4. Différents polluants passés au crible par Carole Boutet diététicienne
Les aliments et leur entourage....
Une étude menée par l'association Générations futures et le réseau environnement a montré que dans une seule journée (en tenant compte des recommandations du Plan National Nutrition Santé), un enfant ingère 128 résidus chimiques dont 36 pesticides, 47 substances cancérigènes suspectées et 37 perturbateurs endocriniens.
Comment faire pour diminuer ces résidus ?
Les pesticides
Les résidus de pesticides des aliments sont régulièrement analysés par la DGCCRF. En 2008, près de la moitié des échantillons analysés contenaient des résidus dont 7% non conformes. Pour les fruits, les dépassements sont souvent constatés sur les raisins, les poires, les pommes et les kiwis. Pour les légumes, ce sont les poivrons, les piments, le céleri branche, les navets, et les légumes feuilles comme les salades et les épinards. 2,6% des céréales et des produits laitiers sont non conformes.
Quelles solutions :
Consommer des produits issus de l'agriculture biologique et locale. L'achat de ce type d'aliments peut être facilité par le biais des paniers de légumes ou des AMAP (Association Pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne).
Une étude sur des enfants consommant une alimentation biologique : les résidus de certains pesticides sont éliminés dans les urines rapidement, et les risques également
Sinon, préférer le local, vous pourrez éviter certains insecticides et fongicides mis dans les lieux de stockage notamment pour la conservation.
Manger des légumes c'est facile et rapide en les introduisant crus dans le repas
L'aspartame
C'est un édulcorant ! Il est conseillé pour remplacer le sucre car il n'apporte pas de calories et n'augmente pas la glycémie. Il est aussi noté E 951.
Pourtant, plusieurs neurologues américains le définissent comme neurotoxique et cancerogène.1 boisson light par jour augmenterait de 27% le risque d'accouchement prématuré (l'impact est réduit pour les boissons non gazeuses),
Où le trouve-t-on? Dans 6000 produits, plus précisément dans les aliments ayant la mention « light » ou sans sucre : Les confiseries, les médicaments, les boissons light, les laitages allégés.....
Par quels aliments le remplacer :
Le sucre Rapadura ou Moscovado, le sirop d'agave, le miel, la stévia, les fruits secs
L'aluminium
Principalement sous forme de phosphate ou sulfate d'aluminium, il est utilisé entre autre pour le traitement de l'eau, la fabrication d'additifs alimentaires ( E 173) et de colorants ou de produits pharmaceutiques mais aussi de cosmétiques, d'ustensiles et matériaux d'emballages de produits alimentaires.
L'aluminium est aussi neurotoxique et peut être incriminé entre autres dans la survenue de maladies neuro-dégénératives comme la maladie d’Alzheimer…
Aluminium : comment l'éviter ?
Remplacer les canettes par des jus de fruits en bouteilles en verre ou à défaut en PET
Limiter la consommation d'aliments issus de l'industrie
Préférer les laits infantiles bio comme la marque Holle par exemple
Le mercure
Il fait partie des métaux lourds, c'est un polluant pour l'organisme et l'environnement. On le trouve principalement certains amalgames dentaires et les gros poissons.
Le mercure est considéré comme toxique quelle que soit sa concentration dans l'organisme.
Comment diminuer les doses journalières ?
Des conseils officiels concernant la femme enceinte existent.
● Éviter les poissons prédateurs comme le thon, l'anguille, la daurade, la raie, la roussette, l'espadon
●Limiter la consommation à 2 fois par semaine le saumon, le lieu la sole
●Préférer les petits poissons comme la sardine, l'anchois, le maquereau
Les plastiques Le bisphénol A :
Le Bisphénol A durcit les plastiques et les rend plus transparents.
C'est un perturbateur endocrinien, il peut engendrer des troubles au niveau de la production ou de la régulation d'hormones. Il est cité comme intervenant dans les problèmes de reproduction et de fertilité, d’obésité, de certains cancers, et de troubles de l'attention chez l'enfant.
Où le trouve t'on ?:
Dans certains biberons, Petit électroménager de cuisine, Contenants alimentaires et de boisson ( conserves et canettes) , Récipients plastiques pour micro ondes, Plastiques avec un code recyclage 7 et dans une moindre mesure : 3 et 6
Les phtalates
Les phtalates sont utilisés pour rendre les plastiques plus mous et plus flexibles.
Ils sont également des perturbateurs endocriniens et jouent sur le fertilité.
Des études ont montré qu’après quelques jours d'alimentation fraîche non industrielle et non préparée dans des matières contenant du BPA ou phtalates, le taux dans les urines chutait de 60% en quelques jours. C'est encourageant.....
Comment réduire les taux de bisphénol et phtalates dans l'organisme ?
En résumé, consommer le moins souvent possible des aliments transformés et utiliser les récipients en verre, en inox ou en fonte
Recette d'un nutella maison :
Mettre au bain-marie 100 g de chocolat (70 % de cacao mini) Une fois le chocolat fondu, sortir le bol et ajouter :
50 g de noisettes en poudre,
30 de sirop d'agave ou 50g de sucre complet,
1 CS de de purée d'amandes
100 ml de lait d'amandes (soit 1/2 mini pack)
Mixer le tout avec votre mixeur plongeur ; utilisez un bol assez profond, c'est plus pratique. Mettre en pot en verre. Déguster sous 8 jours (sous 15 jours si vous le conservez au réfrigérateur).
5. L’environnement de bébé par un medecin généraliste Frédérique Isnard
A présent que l’on a vu comment assainir l’air de la maison, que l’on s’est alimenté de la meilleure façon possible au cours de la grossesse, accueillons notre bébé.
Alors ce bébé, il arrive maintenant plus souvent à la maternité qu’à la maison. Là, alors qu’il s’agit d’un petit être sans défense, pour lequel, en tant que parent, on a qu’une idée, qu’un objectif, le protéger et lui apporter ce qu’il y a de mieux pour lui, pour son développement, son épanouissement, et bien là ça se gâte, puisque le voilà catapulté dans un environnement empli de ces nouvelles substances chimiques.
Comment faire pour tenter de ne pas multiplier les expositions à ces différents produits.
D’abord, à la maternité, il y a ces fameux cadeaux que sont des valises publicitaires, emplies d’échantillon en tout genre qu’on vous propose de tester au plus vite, quoi de plus raisonnable, sur la peau de votre bébé :
Tout d’abord il faut savoir que le bébé est plus vulnérable aux substances chimiques qu’1 adulte :
Quand on sait tout cela :
Commençons par la toilette :
Eviter d’enlever la barrière protectrice de la peau (film lipidique) par un savon trop agressif qui laissera ensuite plus pénétrer les substances et exposer aux allergènes. Il faut savoir que la majorité des gels lavant contient du Sodium laureth sulfate, puissant dégraissant qui est quasiment toujours systématiquement accompagné de dérivé de la noix de coco comme surfactant pour regraisser derrière.
Choisir des produits avec un ecolabel qui garantit 99% des produits d’origine naturelle, pas toujours bio cependant. Il faut surtout diluer, éviter d’appliquer à même la peau, donner un bain 1 jour sur deux.
Comme la peau est sèche par le gel lavant, il faut une crème hydratante. Idem, la plus neutre possible, d’un écolabel, il semblerait que l’huile la plus nourrissante, la moins allergisante soit l’huile d’olive. Vis-à-vis des crèmes, attention aux parabens, des conservateurs (perturbateurs endocriniens)
Attention on peut aussi faire des allergies ou des dermites d’irritation à des produits d’origines naturelles, (mais exempt de produits cancérigènes ou reprotoxiques)
Bannir les lingettes
Préférer les couches lavables
Eviter les surimpressions plastifiées sur les vêtements
Laver les vêtements neufs
Quant aux jouets, éviter les plastiques mous qui dégagent des phtalates, attention ++ aux jouets parfumés.
Pour préserver aussi l’environnement, éviter l’utilisation trop fréquente de solution hydroalcoolique, le savonnage classique suffit.
7.Conclusion
Ne soyons ni trop anxieux ni trop fatalistes, mais restons vigilants, informons nous, restons à l’écoute des lanceurs d’alerte et quand d’autres possibilités sont à notre portée, changeons nos habitudes pour diminuer les cocktails chimiques auxquels nous sommes exposés.